Jeudi 15 mai 2008






















"Lunar Park" de Bret Easton Ellis

Poche - 472 pages - 7,70 euros

Note : 07/10

Quatrième de couverture :

La gloire, l'argent, les femmes, les hommes, la drigue.... Avec son premier roman, "Moins que zéro", publié alors qu'il n'avait que vingt et un ans, Bret Easton Ellis a tout eu. Et en grande quantité ! Mais au bout de deux décennies d'excès, de succès et de controverses, l'écrivain tente enfin de s'assagir et de mener, avec épouse et enfants, la vie rangée d'un banlieusard chic. Or, une série d'évènements inquétants et inexpliqués viennent bientôt renverser ce fragile équilibre matériel et mental : une poupée qui parle, une maison qui déraille, des enfants qui disparaissent et le fantôme de Patrick Bateman, le tueur d'"American Psycho" qui rôde... Bret Easton Ellis croyait pouvoir échapper à ses démons : il lui faudra d'abord les combattre...

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Bret a tout eu.

Le succès est arrivé sans crier gare, alors qu'il était étudiant.
Dès la publication de son premier roman, les millions se sont mis à tomber sur lui sans plus s'arrêter.
L'adaptation du roman, les émissions, les scénarios, les dérivés..... encore et toujours plus de succès et donc d'argent.
Et de fréquentations.

Il voulait échapper à son père, un homme visiblement tyrannique et qui faisait souffrir sa famille. Il en avait désormais les moyens.

Mais Bret Easton Ellis n'a pas choisi le bon chemin pour y échapper : drogues en tout genre, alcool, fréquentations douteuses.... pas de quoi avoir une vie saine, ni garder la tête sur les épaules.

Grisé par la célébrité, étourdi par son argent, ébloui par les acteurs qu'il fréquente, l'auteur se laisse entraîner bien volontiers dans un monde qui le tire doucement mais sûrement vers le fond.

Les lignes de coke n'en finissent plus, les litres de vodkas s'avalent à une vitesse vertigineuse et les femmes défilent dans sa vie à une vitesse prodigieuse.
Les orgies de toutes sortes rythmes sa vie.

Jusqu'au jour où il décide de se reprendre en main, de faire une cure de désintox et de renouer avec une de ses ex, une actrice célèbre.

Lors de sa précédente liaison avec elle, est né un garçon, Robby, qu'il a toujours refusé de reconnaître comme son fils, même après que des tests ADN aient prouvé sa paternité. Et après leur rupture, Jayne a eu avec un acteur, une petite fille Sarah.

Jayne et Bret se marient et s'installent dans la banlieue de New York, dans une superbe maison.
Bret est sobre et il est persuadé que ses nouvelles responsabilités d'époux, de père de famille, d'auteur et de professeur à l'université vont changer sa vie.

Mais chassez le naturel...... la drogue et l'alcool font de nouveau leur apparition dans sa vie. Insidieusement, tout doucement. Puis de plus en plus fréquemment.

Il sent que les enfants, surtout son fils le rejette, que sa femme l'aime mais pas pour les bonnes raisons et puis, il faut bien l'avouer, même s'il veut vraiment faire de son mieux, c'est plus fort que lui, il aime les narcotiques et les jeunes filles.

La petite vie tranquille qu'il pensait avoir trouvé, n'est pas une vie de roman.
Bien vite, il sombre de plus en plus et des choses étranges et effrayantes se passent dans sa vie.

Il est persuadé que la peluche de sa fille est vivante, il reçoit des mails en pleine nuit en provenance d'une banque qui est fermée à cette heure là, les meubles de sa maison changent de place, mais surtout, il est persuadé que Patrick Bateman, le personnage central de son plus gros succès littéraire est bel et bien vivant.

Ou tout de moins que quelqu'un pense être Patrick Bateman et agit comme Patrick Bateman.

Voilà un livre bien étrange...

Autobiographie ou pas ?  Grande question.

J'ai vu une émission où l'auteur était invité et lorsque le présentateur lui avait demandé s'il s'agissait vraiment d'un livre autobiographique, Bret Easton Ellis a volontairement laissé plané le doute, avec des "oui, mais.....", "au lecteur de le dire" etc... et autres phrases mystères.

Mon avis sur la question ? Les 50 premières pages sont sans doute la réalité, mais ensuite, il est parti du côté obscur de la force. Heu..... je veux dire : mais ensuite, il a fait son métier et nous a donc écrit un roman.

J'ai découvert cet auteur avec "American Psycho" et j'ai tout de suite adoré. Je me suis passionnée pour ce livre, je l'ai dévoré.

Un livre pourtant qui a fait scandale et a été l'objet de plaintes. Peut être faut-il avoir l'esprit tordu pour l'apprécier. Ce qui est mon cas, je ne m'en cache pas.

Un peu déçu tout de même par ce livre dont j'attendais beaucoup plus. Je pensais retrouver l'auteur que j'avais tant aimé et j'en ai rencontré un autre.

Il n'est pas mauvais, mais ce n'est plus le même.

Ce livre, bien que décalé et/ou déjanté, n'a rien à voir avec les autres.

BEE s'y livre beaucoup plus que dans les précédents. Bien qu'étant une fiction, il se base sans cesse sur des faits réels, des choses de sa vraie vie.

A t-il voulu faire de ce livre un exutoire ? Un journal intime fictif ? A t-il volontairement tronqué des morceaux de sa vie pour les livrer aux lecteurs, mais sans trop se dévoiler ? Partir d'une base réelle et y mélanger de la fiction délirante pour ne pas avoir à se mettre trop à nu ?

C'est réussi.
Tout au long du livre, je me suis demandée ce qui pouvait être vrai et ce qui ne l'était pas.
Ce qui relevait du délire d'un auteur camé et où se trouvait la petite partie de vérité.

Bien entendu qu'une maison ne pèle pas et qu'un jouet en peluche n'est pas vivant..... Quoique ....

Et c'est là je pense que réside une des prouesses de BEE, faire en sorte que tout au long du livre, le lecteur ne sache plus trop où il en est.

Un roman aux allures de ceux de Stephen King (ce qui, venant de moi est un véritable honneur), mais qui garde sa propre réalité.

Un bon moment de lecture, même si je pensais trouver quelque chose de bien plus trash, de bien plus dégueu, de plus sanglant... ce qui finalement fait passer ce livre pour un livre bien sage.

Mais néanmoins à lire.

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Mardi 13 mai 2008






















"Sorcière pour l'échafaud" de Kim Harrison

Broché - 446 pages - 22 euros

Note : 06/10

Quatrième de couverture :

Sexy, chasseuse et... sorcière ! Rachel Morgan est une jeune trentenaire comme les autres... mais il ne faut pas se fier aux apparences : c'est une sorcière ! Elle a mis ses sortilèges au service des flics de Cincinnati car vampires, garous, fées et autres créatures de la nuit ont fait leur coming out ! Mais tout ça, c'est fini. Après sept ans passés à traquer les criminels qui se cachent parmi les êtres magiques, Rachel Morgan démissionne et lance sa propre agence. Le seul problème, c'est que personne n'est censé quitter cette police très spéciale, et Rachel se retrouve illico traquée par des tueurs munis d'un bel assortiment de malédictions bien vicieuses. Le seul moyen de s'en sortir ? S'associer avec une vampire envoûtante et pour le moins inquiétante... et faire tomber le baron de la drogue local. Mais question danger, c'est passer de Charybde en Scylla...

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Deux mondes cohabitent. Et cohabitent plutôt bien en règle générale.
Il y a les humains et les Outres, de l'Outremonde.
Suite à des manipulations génétiques faites sur une tomate (sic !), un virus c'est répandu et a fait de certains des "monstres", des garous, des vampires....

Et afin que ces deux mondes continuent de vivre en paix, deux polices sont chargées de faire régner l'ordre.
Il y a le BFO pour les humains et le SO pour les "créatures".
Avec bien entendue, la petite guéguerre entre les deux services....

Rachel est une sorcière. Mais une sorcière blanche, elle ne fait pas de magie noire et ne tue pas les gens. Au pire, elle les arrête et le mets en prison.

Mais depuis quelques temps, elle ressent comme un malaise au sein de son boulot.
Elle se retrouve sur des affaires minables, foireuses....
A croire qu'on lui donne volontairement les trucs les plus pourris à résoudre.

Et lorsqu'elle se rend compte que c'est exactement ce que son employeur fait et ce, dans le but de la voir tailler la route, ni une ni deux, Rachel en colère demande à ce que son contrat soit déchiré.

Elle est pourtant, morte de peur. Il est de notoriété publique, que l'on ne quitte pas, jamais, le SO (Sécurité Outremonde). En tout les cas, pas vivant.

Or tout semble bien se passer pour Rachel, le patron voulant en effet qu'elle parte, il semble  la laisser tranquille.

Mais tout bascule la minute d'après.

Ivy, une vampire vivante (re sic !) et ex collègue de Rachel, vient elle aussi demander à ce que son contrat avec l'agence soit annulé.
Pour cela, elle verse même une grande somme d'argent afin de racheter celui ci.

Contraint de laisser partir sa meilleure employée, le patron se retourne contre Rachel et la menace de mort.
A partir d'aujourd'hui, un contrat est lancé sur sa tête jusqu'à ce que mort s'en suive.

Sans emploi, sans argent et sans appart, Rachel va donc habiter avec Ivy, dans une vieille église.
Elles y seront rejointes par la famille de Jenks, un pixie ami de Rachel.

Rachel est complètement désoeuvrée....  comment arriver à vivre avec un vampire, dans une église sans risquer de se faire mordre et comment survivre au contrat mis sur sa tête ?
Ca en fait beaucoup et Rachel n'est pas certaine de pouvoir le supporter nerveusement.

Elle décide de régler le problème "employeur" en leur livrant le plus grand des trafiquants de souffre du coin.
Ainsi, son ex-employeur sera bien obligé de la laisser tranquille.

Oui mais rien ne se passe comme prévu et rien n'est non plus ce qu'il devrait être.....

Le sentiment général de ce livre reste la déception.
Ce n'est pas mauvais, mais disons que ce n'est pas bon non plus.

Fan de garous, de sorcières, de fées, de lycanthropes, de vampires, là, j'avoue que j'ai été servi.
Mais mal servie. Il ne sont pas si présent que ça en fait.

Peu de vampires finalement et des histoires à dormir debout avec des vampires vivants et des vampires morts.

Quand je lis que ce livre est bourré d'humour, je dis "gloups, ha bon ?"
Il y en a oui, mais de là à dire que s'en est bourré.... faut pas exagérer non plus.

Mais je crois que ce que je supporte le moins, ce sont les comparaisons faites avec Anne Rice, Buffy et Laurell K. Hamilton !!!

AU SECOURS !!! Rien à voir.
Ivy la vampire est fort peu présente finalement.
Tout ce joue sur et autour de Rachel qui m'a fait l'effet d'une parfaite idiote à foncer tête baisser sans réfléchir et qui ne m'a pas non plus semblé être une super sorcière.

Elle sait faire des potions pour se transformer en vison, pour se vieillir etc..... mais quoi ? C'est tout ?

Le livre est trop long. S'il avait été meilleur cela n'aurait pas été un soucis, mais là, ça a traîné en longueur et j'en ai eu un peu marre.

De plus, il se termine sur trop de questions, trop de choses étranges et de coïncidences qui n'en sont pas.

Bref, ça sent le deuxième tome à plein nez.
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