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29 Nov

Nord et Sud

Publié par hydromielle  - Catégories :  #classique

Nord et Sud

 

"Nord et Sud" de Elizabeth Gaskell

 

Poche - 8,50 euros - 673 pages

 

Note : 08/10

 

Quatrième de couverture :

 

Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s'installe dans une ville du Nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s'éveille.

John Thornton, propriétaire d'une filature, incarne tout ce qu'elle déteste : l'industrie, l'argent et l'ambition. Malgré une hostilité affichée, John tombera sous son charme.

 

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 

Jusqu'à présent Margaret Hale vivait chez sa tante auprès de sa cousine Edith Shaw qu'elle considérait comme sa soeur.

Mais cette dernière vient d'épouser un militaire, le capitaine Lennox, et s'apprête à partir en voyage de noce.

 

Aussi Margaret retourne t-elle vivre chez ses parents dans le petit et douillet village de son enfance Helstone, où son père est en charge de la paroisse.

 

La douceur de vivre que Margaret pensait y trouver va bientôt voler en éclats.

Son père en plein doute, décide de démissionner de sa charge et de partir à Milton, ville industrielle du Nord.

Là bas, sur les conseils et recommandations de son meilleur ami Mr Bell, il pourra y donner des cours et ainsi subvenir tant bien que mal, aux besoins de sa famille.

 

Le monde que va y découvrir Margaret va la plonger dans un tout autre style de vie.

Va t'elle réussir à s'y faire ?

 

 

MON AVIS :

 

Voilà un roman qui ne laisse pas indifférent.

 

Les personnages tous différents incarnent tous les traits de caractère que l'on peut trouver.

Avec eux, je n'ai pas eu de demi-mesure : soit je les ai aimé, soit je les ai détesté.

 

Je n'ai pas du tout apprécié par exemple les parents de Margaret.

J'ai trouvé son père d'une lâcheté incroyable tout au long du roman.

Si j'ai pu trouver honorable le fait que cet homme préfère démissionner plutôt que de continuer dans une voie qui n'est plus la sienne, j'ai très vite déchanté sur sa force de caractère.

D'ailleurs il n'en a pas.

Dès le début, il n'ose pas annoncer son choix à sa femme. Il préfère se tourner vers sa fille à qui il confie ses soucis (un enfant n'est, à mon sens, pas là pour ça) et à qui il demande de prévenir sa mère de la nouvelle de leur départ, de son abandon de l'église et de son idée de partir pour travailler dans une ville industrielle.

 

Il a d'ailleurs une phrase qui m'a donné envie de lui hurler dessus : "Je ne supporte pas les objections. Elles me rendent si indécis".

Si lâche oui !!

 

La mère de Margaret ne vaut guère mieux.

J'ai trouvé qu'elle était faible, geignarde, jamais satisfaite.

Mais le pire est sans doute son comportement avec Margaret.

Cette femme ne semble pas se rendre compte qu'elle a une fille en or.

Elle préfère passer son temps à être mauvaise avec elle.

Pas mauvaise dans le genre insulte (ce n'est vraiment pas le style), ni mauvais traitement, mais ses propos ont toujours un fond méchant.

Elle ne peut s'empêcher de sortir le mot ou la phrase qui enfonce, qui peut humilier, qui rabaisse.

Tout spécialement lorsqu'elle parle de son fils Frederick et le compare à Margaret.

Elle ne cesse de dire à cette dernière que contrairement à elle, son fils était  beau dès la naissance. Que lui il est intelligent etc............ le genre de petites choses que je ne supporte pas de la part d'une mère.

Et le culot dont elle fait preuve en demandant à Margaret de faire venir son frère est incroyable.

D'autant plus que Margaret ne bronche pas et trouve le moyen d'être d'accord avec elle !

 

John Thornton est un patron au fort caractère. Il vit avec sa mère (une femme de tête et de poigne contrairement à Mrs Hale) et avec sa jeune soeur.

Soeur d'une futilité effrayante, mais passons.

John lui est un homme, un vrai. Pas le genre de poltron qu'est Mr Hale.

Patron, homme d'affaire, plutôt riche et érudit, ce monsieur à plus d'une corde à son arc et s'est fait tout seul.

Dis comme ça, on pourrait croire que c'est un homme dur, difficile d'accès. Mais il en est rien.

Amoureux de Margaret dès leur première rencontre, il va devoir batailler et subir plusieurs humiliations pour arriver à ses fins.

Mais c'est là qu'une fois de plus il fait montre de volonté et ne baisse pas les bras : il est amoureux et même après avoir été rejeté, il continuera de protéger du mieux qu'il peut Margaret et sa famille. Quitte à se fâcher avec sa mère pour cela.

Jamais il ne dira un mot de travers sur la jeune femme qui a su trouver le chemin de son coeur.

Jeune fille dont il se juge indigne d'ailleurs puisque venant d'une classe inférieure.

Si au départ, John Thornton semble être un patron comme les autres, on découvre finalement un homme derrière le masque.

Un homme qui sait écouter et qui n'est pas fermé aux discussions et aux nouveautés.

En cela également sa rencontre avec Margaret va changer sa vie et faire de lui un autre homme.

 

Quant à Margaret, on ne peut que l'aimer.

Cette jeune fille à la vie facile et oisive va devoir prendre sur elle.

Beaucoup de choses vont lui échoir et elle devra se montrer forte.

Elle qui n'a rien demandé va se voir arracher à sa petite vie tranquille à Helstone où elle connait tout le monde, ce village qui est toute sa vie.

Là dessus son père lui colle la responsabilité de tout annoncer à sa mère car lui même ne s'en sent pas le courage.

Et sa mère la pauvre femme est tellement faible et choquée par tout ceci que c'est Margaret qui va devoir choisir une maison où installer la famille dans cette ville étrangère, trouver du personnel (en plus de Dixon qui est restée à leur service), bref se charger de tout.

De la petite vie tranquille elle va passer à une réalité qui n'est pas la sienne.

Cette ville va lui faire horreur avec ces usines, ces maisons collées les unes aux autres, ces cheminées, ces fumées qui sortent non stop des usines.

Adieu balades dans les champs et les bois. Son horizon maintenant est fait de rues, de bruits et de brouillards.

Difficile et étrange pour elle de côtoyer des ouvriers.

Jusqu'à sa rencontre avec Nicholas Higgins et sa fille Bessy.

Une rencontre pour le moins inattendue et qui va mener à une bien jolie histoire d'amitié entre les deux jeunes femmes et qui va au final bouleverser bien des vies.

 

En faisant la connaissance d'Higgins père, Margaret va plonger dans le milieu des travailleurs.

Ceux qui se ruinent littéralement la santé pour quelques pièces.

A force de discussions elle va comprendre ce qui se joue dans cette ville et la dure réalité de la vie.

 

Le fait de voir également John Thornton qui est devenu ami avec son père, va lui faire connaitre l'autre côté de la barrière : le milieu patronal.

 

Avec la meilleure volonté du monde Margaret va vouloir aider, mais que ce soit d'un côté ou de l'autre elle n'y connait rien et avec toute sa naïveté, sa bonté et sa franchise va commettre quelques erreurs.

 

Margaret peut également faire preuve d'inconséquence, mais jamais méchamment en fait. Comme lorsqu'elle dit à John Thornton que s'il était un homme respectable il sortirait parler aux grévistes. Sans se douter un seul instant de ce que pourrait engendrer cette situation. Un homme seul peut-il raisonnablement sortir et se trouver face à des dizaines d'ouvriers grévistes en colère sans risquer sa vie ?

 

Mais elle fait également preuve, tout au long du roman d'une ouverture d'esprit incroyable pour une jeune fille de son milieu. Elle n'hésite pas (juste une petite réticence avant la première visite) à fréquenter Bessy et son père. Elle essaie de comprendre du mieux qu'elle peut ce qu'il se passe autour d'elle.

 

Et sa force de caractère ne cesse de grandir tout au long du livre.

Une fois de plus, elle devra tout prendre en main lors du décès de sa mère. Son père et son frère étant effondrés les pauvres (pfffffffffff) c'est elle qui va s'occuper de tout.

 

Cela dit, Margaret n'a rien d'une martyre, elle ne se plains pas. Pour elle les choses sont ainsi et puis c'est tout.

Elle ne blâme personne et s'efforce constamment de contenter tout le monde.

 

Le sujet du livre est particulièrement intéressant puisque dans l'air du temps, malgré les années passées. La crise, les grèves, les relations difficiles entre ouvriers et employeurs, les fins de mois qui n'en finissent pas.

 

Elizabeth Gaskell brosse un portrait de l'Angleterre victorienne tout en finesse, sans plomber son roman mais en ne négligeant pas les détails des différents mode de vie, de la difficulté et de la réalité. Sans oublier l'émergence des syndicats et du début de leurs influences.

 

Bien que le roman soit épais, je n'ai pas rencontré de longueurs, je ne me suis jamais ennuyée.

L'écriture est fluide et l'on se laisse porter par l'histoire de cette jeune femme.

 

J'ai aimé également la façon de raconter le livre. Chaque personne à droit à sa part de narration et de ce fait, les sentiments sont plus personnels et l'on peut mieux comprendre certaines réactions.

 

Une très bonne lecture.

 

L'avis d'Hebelit

 

 

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Commenter cet article

Sandy 04/12/2012 11:25


Haaaa !!!! ça fait des mois que je veux le lire !!!!

hydromielle 04/12/2012 21:05



Surtout ne te prive pas, c'est vraiment un très bon roman



Hebelit 29/11/2012 13:13


Ben oui dis donc il est long ton billet !!! en même temps j'adhère à tout ce que tu as écris !! J'ai adoré !

hydromielle 29/11/2012 13:31



Je ne me suis rendue compte de la longueur qu'une fois terminée.


Et j'ai pourtant encore des choses à en dire



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